Saint Médard a vécu au VIème siècle (v. 480-v. 560). Issu d'une famille aisée, il est né à Salency près de Noyon (Oise) d'un père franc et d'une mère galloromaine. Très tôt son entourage admire sa générosité et son respect de Dieu. Enfant, pendant qu'il gardait les chevaux de son père, la pluie se mit à tomber et un aigle vint le protéger de ses ailes. Cet épisode de sa vie est à l'origine du dicton:
"Quand il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard...."

Confié par ses parents à l'évêque de Saint-Quentin, Médard est ordonné prêtre puis il devient évêque de Noyon et de Tournai. Il soutient Radegonde, l'épouse du roi Clotaire, contre la cruauté de son mari qui finalement l'autorise à se consacrer à Dieu.

Saint Médard, vénéré par ses contemporains, a été enterré à Soissons à la demande du roi Clotaire. Une abbaye, qui eut un grand rayonnement, fut édifiée ,au Moyen-Age, l'institution de la rosière, jeune fille méritante que l'on couronne de roses et à qui l'on offre une dot.

Saint Médard est fêté le 8 Juin.


Cette « Histoire de Oye-Plage » est très largement inspirée

du fascicule écrit par Mme Odette DEROY et publié en février 1989.

Qu’il nous soit permis ici de la remercier.

 

                                                                                

 

            L’aspect de notre région était bien différent lorsque l’homme y est apparu. Il pouvait se rendre à pied en Angleterre puisque le détroit du Pas de Calais ne se creusa qu’au quaternaire.

            A la fin du tertiaire, un pont de craie rattache les North Downs aux collines boulonnaises. A cette époque la Tamise était un affluent du Rhin. La côte flamande avait un aspect différent de l’actuel, toute la plaine entre Ardres, Guines, Saint-Omer fut reconquise sur la mer aux temps historiques.

 

            A l’âge de bronze, les relations existent entre notre région, la Bretagne et le Sud-Est de l’Angleterre. Les premiers habitants dont nous connaissons le nom sont les Belges, c’est-à-dire le mélange de peuples préhistoriques et de Celtes envahisseurs arrivés au cours du premier millénaire avant notre ère. Ils sont organisés en peuples où règne un régime aristocratique :

            - les Atrébates dans l’actuel Artois

            - les Morins autour de Thérouane.

 

            Avant l’arrivée de Jules César en Gaule (58 avt J.-C.) on ne sait pas grand-chose sur le territoire qui devint le Pas-de-Calais en 1790.

 

            Un grand nombre de voies romaines sillonnaient notre contrée. L’une allait de Boulogne (Gessoriacus) à Mardyck par Wimille, Peuplingues, Sangatte (Leulène), la Chaussée Saint-Pierre, Marck, Oye, Gravelines, Mardyck.

 

            A la mort de Clovis (511) notre département fit partie des Etats de Clotaire dont Soissons était la capitale. L’Eglise est la seule force demeurée vive dans ces siècles obscurs et difficiles, les rois Francs païens se sont très vite convertis au christianisme.

 

            A l’époque carolingienne, commence la division en pays (pagi) dirigés par un comte : pays de Flandre pour nous. La terre de Merck (Marck) correspond à l’un des doyennés du diocèse de Thérouane (Merkisa) ainsi nommée dans un diplôme de Charles le Chauve. La terre de Merck comprenait Calais, Les Attaques, Neuve Eglise, Offekerque, Oye, Saint-Omer-Capelle et Vieille-Eglise, la terre d’Oye (Provincia de Hoïa) qui correspond plus tard à la Vicomté ou Baillie d’Oye dépendait de la baillie de Merck.

 

            Oye village, très ancien, d’origine romaine, s’est orthographié différemment du VIIIème au XIVème siècle :

-      Ogia au VIIIème s.

-      Oïa et Oya dans la chronique d’Andres (1084 – 1119)

-      Hoya (1117)

-      Oïum (1147)

-      Hoïe et Oïe (1229) dans la Chronique de St Bertin

-      Hoïa (1294) dans la Chronique d’Artois

-      Oye (1301)

 

Dans le dictionnaire topographique du Pas-de-Calais (ouvrage du comte de Loisne paru au début du XXème siècle) on trouve diverses mentions anciennes du nom de ce village : Oye.

 

            On sait que les populations de notre région étaient au Moyen-Âge, en grande partie d’origine et de langue germaniques. Dès lors, on ne peut s’empêcher de rapprocher le mot Oye des formes nordiques Oy – Oye – Oya si fréquentes dans les milieux scandinaves et qui signifient « îles ».

La côte norvégienne est bordée d’une multitude d’îles : Maloy, Karmoy, Finnoy, Octroy… Comment ne pas être frappé par l’analogie avec Oye, si l’on veut bien se souvenir de la morphologie de la côte et penser qu’il y a eu là, à l’origine, sur une île, une modeste agglomération d’habitants.

 

            Une ville du Doubs s’appelle Oye et Pallet. D’après renseignement pris en la bibliothèque de Dijon, Oye en langue celtique signifie « eau ».

 

            L’un des hameaux, Waldam (ou digue de Walle) fut un port (crique) jusqu’au XVIIIème siècle. C’est de ce port que les Normands, en 861, rembarquent après avoir ravagé la Morinie. Les invasions normandes qui mettent à sac le pays durant un demi siècle, de 840 à 890 environ, montrent la carence du pouvoir central qui favorise la puissance des abbayes et des Comtés qui ont dû assumer la défense. En 864, Oye, fait partie du Comté de Boulogne, une petite chapelle sous le patronage de Saint Servat y existait. Les moines de Saint-Bertin à qui appartenait ce territoire en récupérèrent la possession après le départ des Normands. Commence alors une lutte compliquée entre les comtes de Boulogne, de Flandre, d’Artois, qui se disputent les grandes abbayes sources de richesses.

 

            Ce sont les Comtes de Flandre qui réalisent la première unité régionale à partir d’Arnoul Ier en 918, réunissant les possessions de l’Escaut à la Canche, jusqu’au XIIème siècle. Le plus connu des personnages de cette époque est Godefroy de Bouillon, fils d’Eustache de Boulogne.

            Les seigneurs d’Oye accompagnent Guillaume le Conquérant dans sa conquête de l’Angleterre, un membre de cette famille fut même abbé de Saint-Bertin.

            Sainte-Ide, mère de Godefroy de Bouillon, comtesse de Boulogne fut la fondatrice de l’abbaye de la Capelle à Marck où elle mourut en 1130.

            En 1213, Oye fit partie de la dot de Mahaut, fille du comte Renaud de Boulogne laquelle épousa Philippe de France. A cette époque, on recueillait le sel dans les salines d’Oye.

            En 1259, à la mort de la comtesse Mahaut, Oye et Marck sont séparés du Boulonnais et attribués à son héritière Mahaut d’Artois et à ses descendants les comtes d’Artois. Elle fit don à cette abbaye de divers biens à Oye et notamment de l’autel de l’Eglise d’Oye.

            Le comte de Flandre s’est toujours trouvé en position difficile entre les rois de France et d’Angleterre en conflit. Thomas Beckett de Canterbury fuyant les persécutions du roi d’Angleterre, échoua sur la plage d’Oye le 2 novembre 1164 puis il traversa Oye pour chercher le refuge assuré à l’abbaye de Clairmarais.

            En 1216, Thierry (Theodoricus) fut le premier curé de l’Eglise d’Oye consacrée à Saint-Médard, évêque de Soissons, apôtre de la Morinie.

                                                                                

            La rivalité qui existe depuis des siècles entre les royaumes de France et d’Angleterre aboutit à une série de campagnes anglaises sur le sol de France. En 1346, c’est la prise de Calais. Le traité de Brétigny fait du Calaisis une possession anglaise pour deux siècles. Après la conquête du Calaisis, Oye fut érigé en comté par Edouard III, roi d’Angleterre. Raoul de Ferres avait le commandement du château d’Oye. La Grande Peste Noire ravagea la région vers cette époque.

 

            Tous les morts de distinction tués au siège de Calais, notamment un des aïeux du roi d’Angleterre, Henri VI, furent enterrés dans l’église d’Oye qui reçut également deux siècles plus tard les morts célèbres de la bataille de Gravelines. En 1384, le jeu des successions réunit à nouveau Flandres et Artois dans l’Etat bourguignon jusqu’en 1477. En 1415, le roi Henri Lancaster débarque en Normandie. Il tente de rallier Calais, mais le roi de France, Charles VI veut l’en empêcher. Jeanne d’Arc, prisonnière des Anglais est détenue en captivité quelques mois à Arras.

 

            En 1484, les habitants de Marck et Oye furent dédommagés d’un terrain enlevé appelé Brock et North Brock. Fait remarquable dans l’acte de concession, les habitants d’Oye et de Marck sont désignés comme « homme libre ».

 

Le château d’Oye

 

            Le château d’Oye dont la construction remonterait aux Romains était situé à 300 toises Ouest – Sud-Ouest de l’Eglise, en travers de la route de Calais à Gravelines. En 1435, le duc de Gloucester est en visite à Oye. Depuis 1347, l’Angleterre y fabriquait la monnaie à son titre. Les Anglais le firent rebâtir et l’occupèrent jusqu’en 1436, époque à laquelle le duc de Bourgogne, Philippe le Bel, venant mettre le siège devant Calais s’en empara « le chastel fut ars et brûlé et du tout démoli ». C’est à la suite de ce siège qu’eut lieu au château d’Oye la fameuse entrevue entre le cardinal de Winchester représentant le roi d’Angleterre et les délégués du roi de France : Renaud Gérard et Robert Mellien. Cette entrevue eut pour résultat la mise en liberté, l’année suivante, du prince Charles d’Orléans prisonnier depuis 25 ans. En 1444, Marguerite d’Anjou traverse Oye pour aller tenir le sceptre sanglant des Lancasters. Rendu aux Anglais, le château d’Oye fut réparé, mais en 1545, sous le commandement de Montluc, les troupes de François Ier vinrent ravager le pays d’Oye. Elles attaquèrent le Fort dont elles s’emparèrent puis brûlèrent et pillèrent tout le pays.

 

            Selon le témoignage de Montluc, le château d’Oye était alors flanqué de deux grands bastions séparés par une courtine faisant face à la ville de Calais et environné d’un double fossé. On ne pouvait y pénétrer que par une voie tellement étroite que deux personnes ne pouvaient y pénétrer de front.

            Il pouvait contenir 10000 lansquenets et 4000 chevaux « Oye était alors une ville considérable… » dit l’historien de Tchou.

 

            En 1558, le Fort d’Oye fut rasé par le duc de Guise. Ce fut, selon une version, à la prise d’Oye que le vaillant François de Guise reçut au visage le fameux coup de lance dont la « cicatrice »  porta aux nues la réputation d’Ambroise Paré. Le roi de France fit don au duc de Guise de 800 mesures de terre à Oye et 106 mesures au curé de la paroisse. En 1559 par le traité de Cateau Cambrésis, Oye fait partie du Pays Reconquis rattaché lui-même à la Picardie. Vide d’habitants la paroisse est peuplée par les émigrants de Picardie, de Normandie et du Boulonnais. L’année précédente les familles de fermiers anglais installés dans le Calaisis avaient quitté le pays.

 

            En 1564 sur les 7000 arpents que comptait le territoire d’Oye, 4664 avaient été distribués aux colons par lots de 150 mesures en moyenne.

 

            Durant la guerre de Trente ans, le pays d’Oye fut souvent l’objet des incursions des garnisons espagnoles de Gravelines et de Bourbourg. Les combats acharnés franco-espagnols ont vu, en 1638, la flotte espagnole devant Oye et se diriger vers Mardyck.

 

            Afin d’arrêter les envahisseurs plusieurs forteresses sont construites sur le territoire d’Oye. En 1642, le comte de Charost avait édifié l’une d’elles sur l’emplacement de l’ancien château. L’année suivante elle fut prise par un détachement de l’armée du Général Gantelme et reprise la même année par un corps de l’armée du Comte d’Haucourt conduit par le marquis de la Ferté soutenu par un escadre hollandaise.

                                                                               

            La bataille des Dunes (14 juin 1658), puis le traité des Pyrénées (7 novembre 1659),  délivrèrent la paroisse de ce voisinage dangereux.

 

            Un second fort (fort de l’Ecluse) fut construit près de l’ancienne route de Calais à Gravelines et de l’écluse établie à l’extrémité orientale de la rivière coulant à l’ouest et venant aboutir à celle du Houlet à Marck. Une troisième forteresse, le Fort d’Aigue, fut bâtie en 1642 à environ un kilomètre et demi Nord – Nord-Ouest de l’église.

 

            Ces trois forteresses furent démolies après la reddition de Saint Omer en 1677.

 

            Sous Louis XIII le fort de l’Ecluse occupé par les Espagnols tomba le 9 octobre 1634 au pouvoir de détachements des garnisons de Calais et de Marck.

           

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